mardi 10 juillet 2012

les métamorphoses du sport spectacle, analyse a priori du sujet

LES METAMORPHOSES DU SPORT SPECTACLE

questions a priori :
> la dimension spectaculaire du sport, au détriment de sa pratique ?
> une évolution de ses formes ? de ses fonctions ?
> quels facteurs sont à l'origine de ces métamorphoses ?
> quelles conséquences, répercussions sur les valeurs du sport ?

Vous rédigerez une synthèse concise, objective et ordonnée de ces documents.

> ordonnée = un plan qui tienne compte le plus systématiquement possible de tous les documents et points de vue du dossier dans chacune des parties, voire chacun des paragraphes


> le dossier recomposé, pour une meilleure analyse :


d'abord


- Marion Fontaine, Histoire du foot-spectacle, La vie des Idées, 2010.
- Editorial de l'Express, Victoire grecque, 2004.

annoncent des textes argumentatifs



puis


- "OM-PSG, le symbole d'une dérive télévisuelle", Jacques Blociszewski, Le Monde.fr, 2011.
1 >un cas particulier, un cas pratique, dont l'auteur tire
2 > des leçons générales et
3 > un discours critique


enfin 
les deux documents iconographiques, publicités récentes pour de nouveaux médias :


- L'Equipe United, publicité, 2012.
- "Les jours de grand vent, on nous entend dans toute la Bretagne", publicité / Orange, 2012.



on peut dégager 3 axes de lecture et d'analyse (3 colonnes pour le tableau synoptique) :

- les acteurs du sport spectacle, son organisation, ses rituels
- les facteurs qui expliquent sa dimension de plus en plus spectaculaire / médiatisée
- les discours plus ou moins critiques sur les valeurs du sport




ESSAI (10 points)


Le sport peut-il être autre chose qu'un spectacle ?

oui... il est, ou il doit, pour certains, être autre chose qu'un spectacle.
une question qui prend le contrepied de la synthèse, en incitant à valoriser la pratique active du sport, plutôt que sa mise en scène et sa contemplation passive.... 
mais faut-il pour autant rejeter la dimension spectaculaire du sport ? Au nom de quelles valeurs ? Et le sport peut-il se passer de mise en scène ?


ces questions impliquent un plan dialectique (thèse/antithèse/synthèse)

samedi 7 juillet 2012

les métamorphoses du sport spectacle, 4


doc. 2 

OM-PSG, le symbole d'une dérive télévisuelle
LEMONDE.FR | 27.11.11 

Le Monde.fr : A quoi pourra-t-on remarquer le style Canal+ lors de la retransmission d'OM-PSG ce soir ?

Jacques Blociszewski : Canal+ montre de plus en plus le football comme un sport individuel. Avec les stars présentes ce soir, cela devrait être remarquable. Par exemple, samedi, le reportage du jour au sujet d'OM-PSG, était le duel entre Diarra et Pastore. Pendant le match, cela s'évalue en nombre de zooms sur les visages, de caméras isolées sur les joueurs seuls balle au pied, moins de plans larges et un nombre de ralentis impressionnant : autour de 130 par retransmissions avec Laurent Lachand à la réalisation. Dans les années 80, le chiffre se situait autour de 30. La dimension collective du football est en train de disparaître à la télévision.

Quel rôle a joué Canal + dans l'évolution des retransmissions de football depuis quelques décennies ?

Ils ont participé à une dérive. Autrefois innovante grâce à un arsenal technique permettant de ne rien rater, aujourd'hui la technologie handicape les retransmissions. On passe son temps à revenir en arrière pendant un match "grâce" au révélateur du hors-jeu ou aux ralentis à la loupe qui n'ont plus grand chose à voir avec la réalité du terrain. Plus un match est haché, moins on le comprend. On ne voit plus le jeu sans ballon notamment. Quand un joueur fait une remise en touche, alors qu'autour de lui ses coéquipiers essayent de se démarquer, le mode dominant est de filmer son visage cherchant un joueur : c'est inutile !

La technologie encourage-t-elle les polémiques sur l'arbitrage ?

Plus il y a de ralentis, plus les commentateurs sont occupés à rejuger les décisions de l'arbitre, plus la place des polémiques arbitrales dans le traitement journalistique d'un match prend de l'ampleur. Quand bien même la télévision ne détient pas la vérité sur les "erreurs" d'arbitrage. On est entré dans un système, plus seulement de spectacle, mais de vérification. Didier Deschamps en vient à devoir masquer sa bouche quand il parle avec son adjoint...

Le match OM-PSG est-il un bon exemple de cette évolution ?

Canal+, pour qui c'est un événement important dans sa grille, est obligé de donner des informations nouvelles, d'entretenir un buzz médiatique autour du match et in fine de créer de la nouveauté. La télévision reflète les polémiques quand elles existent ou les amplifient le cas échéant, où le ressort du people est devenu essentiel. Ainsi a-t-on vu ce qu'on appelle désormais des "clashs" largement mis en avant cette semaine, d'un côté entre Bodmer et Néné, de l'autre entre Deschamps et Gignac. L'événement OM-PSG est un bon exemple du fonctionnement global des médias. Un événement qui l'est de moins en moins depuis quelques années, depuis que les clubs ne sont plus aussi hauts au classement, que les présidents prennent moins de place, que les joueurs passent d'un club à l'autre...

Cela me fait penser aux "pseudo-événéments" de Daniel Boorstin où la reproduction et la simulation d'un événement est perçue comme "plus réelle" que l'événement lui-même. Le match OM-PSG existe bel et bien, mais c'est son environnement, ce qui dure pendant les semaines préalables et suivantes, qui devient important. Le match en lui-même est noyé dans le calendrier, maintenant qu'on est submergé de football télévisé. Il faut donc entretenir l'envie du téléspectateur.

D'autant plus avec les sommes mises en jeu depuis quelques années....

Avec les contrats d'exclusivité, Canal+ achète cher une compétition, il faut pouvoir y trouver financièrement son compte. C'est normal. Mais on peut s'interroger sur les différentes façons de rentabiliser un produit. Qu'on y accolle le terme " clasico" par exemple est plutôt amusant, qu'on fasse six émissions spéciales OM-PSG depuis mercredi, est un peu plus lassant.

Canal+ est devenu la mémoire du football, si l'on se souvient d'un OM-PSG en particulier, c'est par la façon qu'a la chaîne de l'avoir retransmis à l'époque, n'est-ce pas ?

On voit le football à travers la télévision aujourd'hui. Bien sûr, un certain nombre de gens vont au stade, mais la part se réduit. Pour indication, pour la Coupe du monde en Allemagne, pour 1 personne au stade, il y avaient 17 000 téléspectateurs. 

A l'étranger, retrouve-t-on ces mêmes modes opératoires ?

En Italie surtout, avec la " moviola ", une manière de décortiquer les décisions arbitrales, autrefois sur la Raï, aujourd'hui présente dans l'émission "Le procès de Biscardi". En Angleterre et en Allemagne, la sobriété est de rigueur. D'ailleurs, les matchs sont parfois commentés par une seule personne, là où la France accumule les consultants, par peur du silence. 

Propos recueillis par Antoine Mairé

les métamorphoses du sport spectacle, 3



L'Express du 12/07/2004
Victoire grecque
Euro, JO... Malgré l'argent, le dopage et les sponsors, le sport conserve cette vertu rare qui fait son attrait : l'incertitude
Euro 2004, Tour de France, Jeux olympiques d'Athènes, la planète se transforme, pour quelques semaines, en un immense Barnum. Il n'est pas, aujourd'hui, d'entreprise humaine plus mondialisée que le sport. Spectacle accessible à tous, des plus riches aux plus pauvres, grâce à ce nouveau café du commerce qu'est la télévision, grand-messe des émotions dont la liturgie est internationale, instrument idéal de l'instantanéité de l'information, machine à fabriquer des vedettes dont la popularité est sans frontières, il s'installe au centre de notre vie quotidienne, de nos conversations et en devient l'une des composantes structurantes. Un ordre du sport est en train de naître, en phase avec le développement de la société du loisir, mais aussi pour répondre au désenchantement du monde et y combler les déficits de sacré et de religiosité (1). 

Pour autant, contrairement à une idée reçue, il ne se substitue en rien à la guerre: son émergence comme phénomène de masse s'est produite tout au long du xxe siècle, alors que les hommes inventaient les plus effroyables massacres. Cette expansion continue du sport repose sur des mécanismes que l'on a parfaitement vus à l'œuvre dans l'Euro 2004. Le succès de la Grèce, dont l'équipe ne comprenait aucun joueur coté au mercato, ce «marché aux bestiaux des joueurs de foot», démontre qu'aucune hiérarchie n'est définitivement établie. Chacun a sa chance. Le sport, comme l'écrit le sociologue Paul Yonnet, est le «spectacle de la rivalité, et donc de l'égalité organisée». Il produit aussi des héros dans un monde qui en consomme beaucoup et à toute vitesse. Il constitue donc un facteur très puissant d'identification. Il encourage, certes, les explosions nationalistes, mais il dégonfle ces bulles en même temps qu'il les fabrique: le spectacle offert entretient l'intérêt au-delà des réflexes cocardiers - le jeu triomphe des passions patriotiques - et la performance devient plus importante que la couleur du maillot. 

Ses effets de surprise contribuent, enfin, à le régénérer en permanence. La victoire grecque, quels que soient les débats techniques sur le style de cette équipe, fait passer un vent de fraîcheur sur un monde du ballon rond que l'on croyait dévoré par l'argent. Face à des stars surdouées obsédées par leur carrière, l'esprit d'équipe, une farouche volonté, la solidarité et l'abnégation peuvent l'emporter. Les fameux Galactiques du Real Madrid, cette formation constituée des plus grands talents du football mondial, en ont fait, eux aussi, l'amère expérience, cette année, en perdant le championnat d'Espagne. Malgré l'argent, le dopage et les sponsors, le sport conserve cette vertu rare qui fait son attrait et son esthétique: l'incertitude. Les Jeux olympiques qui vont se dérouler à Athènes au mois d'août en apporteront, n'en doutons pas, une nouvelle preuve.

(1) Sur ce sujet, lire impérativement le remarquable ouvrage de Paul Yonnet Huit Leçons sur le sport, publié en mars 2004 par les éditions Gallimard.

les métamorphoses du sport spectacle, 2



Histoire du foot-spectacle, par Marion Fontaine [11-06-2010]
la vie des idées.fr

En 1978, la première partie de la finale de la coupe de l’UEFA, qui oppose les clubs de Bastia et Eindhoven, se joue en Corse. Jacques Tati est là pour saisir les images d’un spectacle qui déborde le cadre du stade et envahit l’île (Forza Bastia 78. L’Île en fête). Sa caméra suit les préparatifs des supporteurs, les cris, les pétards et les allers-et-venues alimentant une effervescence qui va crescendo, dans une ville toute bariolée de blanc et bleu, et puis qui s’éteint, une fois le match achevé.  En observant un enthousiasme qui entraîne aussi bien les vieilles femmes en noir que les enfants, qui anime les travées du stade Furiani, aussi bien que les rues et les places, le film de Tati souligne en outre la capacité du spectacle à nourrir et à incarner une communauté imaginée à base territoriale, ici celle de la Corse. C’est cette capacité, et en général cette puissance actuelle du spectacle, qui expliquent l’intérêt que lui portent sociologues, ethnologues et historiens, en lui appliquant les métaphores et les grilles explicatives les plus variées : rituel, opium, récit épique, guerre amusante, théâtre de la démocratie ou encore fait social total.

Il convient pour commencer de se méfier, tout au moins dans le cas français, du miroir grossissant qu’a offert la coupe du Monde de 1998. La victoire en forme d’apothéose du 12 juillet, son caractère d’auto-célébration nationale, les innombrables commentaires qui ont suivi ont constitué en modèle un certain enthousiasme sportif, une certaine approche du spectacle. Mais ce modèle peut aussi exercer en amont un effet déformant. Même après sa démocratisation dans l’entre-deux-guerres, la passion footballistique est restée longtemps intermittente [1], et concurrencée par d’autres spectacles. C’est bien le Tour de France que Roland Barthes décrit comme mythe en 1957 [2] et non sa petite sœur qu’est la Coupe de France. Certes, celle-ci accueille déjà près de 40 000 personnes au stade de Colombes en 1936, mais elles font pâle figure devant les 250 000 spectateurs débordant des 127 000 places officielles du stade de Wembley, lors de la mythique finale de la Cup en 1923.

Ce spectacle des années 1930-1960 valorise le spectateur, au détriment du fan ou du supporteur. C’est celui qui s’implique avec mesure qui est la norme, pas celui qui se passionne avec déraison, le collectif qui se lève, pas les groupes ou les individus qui se déchaînent On peut voir dans cette norme l’effet d’une certaine agoraphobie, de la crainte des nouvelles foules sportives que manifestent longtemps dirigeants du football et médias. Le match est une détente et une sortie à laquelle on assiste en costume du dimanche, parfois en famille, sous la houlette au moins des hommes les plus âgés, qui accompagnent, initient mais aussi surveillent les plus jeunes. Si le spectacle constitue déjà l’occasion d’une mise en scène de soi, cette mise en scène n’est pas la même qu’aujourd’hui et la participation au match s’aligne sur les règles de la culture civile courante.

L’ensemble de ce cadre se disloque à partir des années soixante. La diffusion de la voiture individuelle, la multiplication des loisirs permise par la société de consommation – la télévision en particulier – rendent peu à peu cette situation obsolète. Parallèlement l’effritement des mondes ouvriers et la crise industrielle sapent les fondements d’un certain nombre de clubs. 

Un autre modèle tend de fait à émerger et triomphe à partir des années 1970-1980. Le nouveau spectacle du football offre aux clubs des recettes croissantes, appuyées sur le sponsoring et les droits de retransmission télévisée. Il transforme les clubs en entreprises commerciales. Il accroît la mobilité des joueurs, pour certains bientôt élevés au rang de stars. Sans doute les dirigeants du club de Saint-Etienne sont-ils parmi les premiers à la saisir dans toute son ampleur et à assumer la mutation de leur club en entreprise de spectacle. En 1976, ils lancent ainsi l’ASSE (Association Sportive de Saint-Etienne) Promotions, société chargée d’exploiter commercialement l’image de marque du club. Cette société développe en particulier le « merchandising » et la vente de maillots, gadgets, écharpes, qui participent à la propagation de la « folie verte » sur tout le territoire français.

« L’épopée » des « Verts », qui culmine en 1976 avec la finale de coupe d’Europe jouée à Glasgow contre le Bayern de Munich, témoigne aussi d’un autre changement, côté spectateur cette fois. La télévision joue à cet égard un rôle paradoxal, en distendant les liens entre le public et le club local et en vidant d’abord en partie les stades, en participant ensuite à la coloration, au sens propre, de ces derniers et à leur animation. Les tribunes deviennent, autant que le match, le lieu du spectacle. Plus la télévision montre les signes du soutien à l’équipe, plus les spectateurs, qui sont aussi des téléspectateurs, savent qu’ils sont montrés et plus ils rivalisent d’imagination et de démonstration pour paraître, dans le stade et à la télévision. Tout cela participe à la nouvelle image des stades et contribue à créer un nouveau rapport au spectacle. C’est celui-là même que Jacques Tati observe avec amusement en 1978, quand d’autres l’envisagent, sinon avec inquiétude (le hooliganisme devient dans les années 1970 un problème social), au moins avec quelque perplexité : en 1968, commentant un match qui oppose les « Verts » au Celtic de Glasgow, Léon Zitrone s’indigne presque de l’aspect « d’énergumène » des Écossais et s’étonne de leurs manifestations démonstratives (cris, fumigènes, écharpes), en les opposant à la sagesse et au caractère retenu du public français.

Derrière cette transformation, qui continue à s’amplifier dans les décennies suivantes, se lit un rapport très ambigu au territoire. Les compétitions européennes et mondiales deviennent des événements médiatiques globaux qui visent moins à rassembler physiquement les spectateurs qu’à regrouper la communauté des téléspectateurs. Dans le même temps, les clubs continuent à changer de dimension et leurs équipes sont de moins en moins construites sur une base nationale, a fortiori locale. Cette forme d’extra-territorialité vaut bien sûr pour les joueurs, mais aussi d’une certaine manière pour les supporters. On peut être aujourd’hui supporter de l’OM en habitant très loin de Marseille, sans avoir aucun lien tangible avec la ville, uniquement pour ce que ce club évoque dans l’imaginaire collectif.

Un spectacle déraciné alors, et déterritorialisé ? Voire. Au moment même où se déroule ce processus, jamais la référence au territoire n’a été à ce point prégnante. Le critère de définition du « bon » supporter, du supporter « authentique », comme le disent souvent les « ultras », réside dans cet ancrage revendiqué et résumé souvent par le slogan « Fiers d’être… ». C’est cette revendication qui explique les jeux d’opposition entre supporters, à travers des banderoles affirmant pour les unes les qualités sociales/ morales/ culturelles d’un lieu, stigmatisant au contraire pour les autres ce même lieu (les « prolos » de Saint-Etienne vu par les Lyonnais ou les « sous-développés » de Naples présentés par les Milanais ou les Turinois). La victoire de l’équipe est celle d’un territoire porté aux nues dans les grandes occasions : lorsque le Racing Club de Lens remporte le Championnat de France en 1998, l’événement est ainsi présenté par les supporters et par les médias comme la revanche et la fierté d’une région longtemps stigmatisée.

Un fait social total alors ? Un rituel ? Une catharsis ? De fait, il apparaît comme le catalyseur, parfois le créateur de figures, de pratiques (celles des supporters), de métaphores (l’équipe, le match), de valeurs représentées, discutées à l’échelle de la cité et réinvesties ensuite. En 2007, la dernière élection présidentielle n’a d’ailleurs pas été avare de ce type de réinvestissement, que l’on songe à ces militants mués en supporters ou à ce duel du second tour défini et décrit, par ses acteurs eux-mêmes, comme un match. Il s’agit bien d’une rupture. On peut envisager cette puissance comme le symptôme d’une crise de la démocratie, comme le signe de la difficulté pratique à fonder des identités et des règles de vie commune, comme l’expression de la quête pathétique d’identité des masses modernes. On peut observer que les « communautés d’émotion » que fonde le spectacle ne tissent aucun lien solide, ne réalisent qu’une fusion passagère et n’engagent également aucun avenir [14]. On se souvient que l’identité rêvée d’une France « black-blanc-beur » a trouvé un démenti cinglant dans les émeutes, tout aussi médiatiques, de 2005. . Quel que soit le jugement que l’on peut porter sur cette situation, il serait injuste d’en tenir rigueur au spectacle sportif, ou de l’en glorifier, mais il n’est pas inintéressant d’y réfléchir.


jeudi 5 juillet 2012

le feuilleton Pistorius



"Retenu par la Fédération sud-africaine d'athlétisme pour participer aux Jeux de Londres avec le relais 4x400m et en individuel sur 400m (malgré son dernier échec aux qualifications de Porto Novo au Bénin), Oscar Pistorius goûte son bonheur. Le sprinter équipé de ses prothèses aux jambes a fait part de son bonheur sur son site officiel : « Aujourd'hui (hier) est vraiment le plus beau jour de ma vie. Je suis si heureux que ces années de travail acharné, de détermination et de sacrifice aient été récompensées. J'ai une équipe phénoménale derrière moi qui m'a aidé à parvenir jusque-là, et nous allons mettre tout ce que nous avons dans ces dernières semaines de préparation avant les JO (...). » 

"Blade Runner'" avait déjà pris part aux Mondiaux de Daegu dans ces mêmes disciplines, décrochant l'argent avec ses coéquipiers (sans toutefois courir en finale). A Londres, il croisera certainement le porte-drapeau de la Serbie Novak Djokovic, qui a tenu à le féliciter sur Twitter" (L'Équipe)

samedi 30 juin 2012

le sport avant tout : Pistorius sur la piste


"Oscar Pistorius ne s'est pas qualifié pour le 400 m des JO de Londres. Le Sud-Africain, qui court avec des prothèses à la place des jambes, a échoué lors des championnats d'Afrique à Porto Novo, au Bénin. Vendredi, il a pris la deuxième place du 400 m, avec un chrono de 45''52, alors qu'il devait réaliser moins de 45''30 pour obtenir son billet sur cette distance. Il avait déjà réalisé les minima cette année, lors des championnats sud-africains à Pretoria en avril (45''20), mais devait réediter la performance avant le 30 juin, selon le barême du Comité olympique sud-africain. Pistorius pourrait toujours prendre part aux JO sur le relais 4x400 m. Réponse la semaine prochaine, lors de l'annonce de la sélection sud-africaine". L'Equipe, 30/7/12

des supporters romains en délire

Les monstres, Dino Risi, 1963.

mardi 26 juin 2012

le thème 1, un test et un bilan

CULTURE GENERALE ET EXPRESSION

BTS 2012-2013




Le sport, miroir de la société ?

Culture générale, historique et sportive, bilan


1. quel homme politique français a le premier milité avec succès pour le développement de la pratique sportive ?

2. quels athlètes ont ruiné les efforts de propagande des nazis en 1936 ?

3. dans quel contexte (lieu, date) est né le sport moderne ?

4. qui est le rénovateur des JO ?

5. où (et quand) ont eu lieu les premiers JO modernes ?

6. qui forme l’élite des jeunes footballeurs français ?

7. quel dictateur a utilisé le combat entre M. Ali et G. Foreman pour « mettre son pays sur la carte » ?

8. pourquoi Oscar Pistorius est-il célèbre ?

9. quel sportif a mérité sa statue devant le temple de ses exploits ?

10. quels sociologues et philosophes du sport connaissez-vous ?



Sport et...


11 ….récupération politique

12 ….sacralisation

13 ….dramatisation

14 ….médiatisation

15 ….marchandisation



dualismes


16. sport d'élite vs sport de masse


17. émancipation vs embrigadement


18. Ali vs Cassius Clay


19. communiquer par le sport vs communiquer sur le sport


20. violence vs régulation

vendredi 22 juin 2012

un peu de lecture, la vie sportive

quatre romans : un coureur tchèque, un joueur de rugby anglais, un supporter d'arsenal, des hooligans de Chelsea.


jeudi 21 juin 2012

ubiquité déplacée / "individualités mal éduquées"

"Une scène typique, une scène banale ? Le vestiaire des footballeurs bleus à la mi-temps, une réunion de travail, rapportée par la presse....


"Un peu plus tard, à un Laurent Blanc agacé de voir Hatem Ben Arfa occupé par son téléphone, le milieu de terrain de Newcastle répond qu'il a été remplacé par "des plus nuls que [lui]", toujours selon L'Equipe. Nasri se serait encore senti visé, Ribéry aurait tenté de calmer le jeu, tandis que Ben Arfa s'est emporté et a proposé à Blanc de le renvoyer à la maison..." (France TV)


Slate.fr Magazine reprend et commente le texte publié par l'Equipe :


"Les quelques instants où «la tension a grimpé de dix crans» dans le vestiaire sont narrés au présent, avec des citations précises, pour que le lecteur ait l’impression de vivre l’après-match avec les joueurs dans le vestiaire.
La déclaration la plus fracassante? Hatem Ben Arfa, joueur aux penchants individualistes sur le terrain et au caractère réputé «difficile», a reproché au sélectionneur, qui lui demandait de lâcher son téléphone portable, de l’avoir sorti à la 59e minute alors que des joueurs «plus nuls» que lui étaient encore sur la pelouse, et a proposé dans l’énervement du moment à Laurent Blanc de le renvoyer chez lui s’il ne lui donne pas satisfaction.
Samir Nasri, qui avait déjà fait l’objet d’une «une» de L’Equipe et d’innombrables articles pour avoir conseillé à un journaliste de ce même journal de «fermer sa gueule» après son but contre l’Angleterre, a quant à lui demandé à son coéquipier Alou Diarra, qui formulait des reproches aux joueurs offensifs de l’équipe, de rester poli.
Si les mots ne sont cette fois-ci pas assez forts pour déclencher une polémique nationale, ils ne manqueront pas d’alimenter les commentaires négatifs sur l’individualisme et le manque d’éducation des joueurs de foot. Après tout, cette équipe de France est un «troupeau d'individualités mal élevées», selon le journaliste Pierre Ménès".

samedi 16 juin 2012

"je vais danser"



"Je vais danser" est le leitmotiv de Ali lors de la préparation et la dramatisation de son combat contre Foreman, à Kinshaha en 1974.

Fidèle à sa personnalité et à son rôle assumé de fanfaron, il use de sa verve pour tenter d'abord d'impressionner son adversaire, ensuite d'assurer sa propre promotion afin de séduire le public et d'obtenir son soutien, enfin de renforcer le contraste manichéen avec son adversaire plus posé voire laconique. Ali apparaît ainsi comme un être vif, léger et spirituel, incarnant la jeunesse alors qu'il est bien plus expérimenté que son adversaire.

Cette incantation marque aussi la convergence idéologique et esthétique entre les sportifs et les musiciens noirs américains de cette époque, tel James Brown, présent à Kinshaha. 

Il s'agit surtout de proclamer une tactique apparemment très rationnelle : face à la force supérieure de son adversaire, Ali prétend opposer sa vitesse de déplacement et sa capacité à esquiver les coups. il cherche à transformer sa faiblesse en force, et tous ses entraînements publics le confirment ostensiblement. Inversement, Foreman va chercher à anticiper les choix de son adversaire en travaillant ses déplacements, sans perdre de sa puissance pour autant.

Or le déroulement du combat va montrer la grande part de bluff dans toutes ces proclamations, et l'efficacité de ces déclarations auprès du public qui accorde son soutien entier à Ali : loin d'éviter les coups, il construit sa victoire en les encaissant et en épuisant Foreman avant  de lui délivrer le coup de grâce, renversant tous les pronostics.


***



VERSION PRÉPARÉE

PRATIQUE : technique, rationalité, organisation
SPECTACLE : médiatisation, dramatisation, mise en scène, jeux de rôles
DISCOURS : idéologie et valeurs
NOTIONS
CONNECTEURS LOGIQUES


"Je vais danser" est le leitmotiv de Ali lors de la préparation et la dramatisation de son combat contre Foreman, à Kinshaha en 1974.

Fidèle à sa personnalité et à son rôle assumé de fanfaron, il use de sa verve pour tenter d'abord d'impressionner son adversaire, ensuite d'assurer sa propre promotion afin de séduire le public et d'obtenir son soutien, enfin de renforcer le contraste manichéen avec son adversaire plus posé voire laconique. Ali apparaît ainsi comme un être vif, léger et spirituel, incarnant la jeunesse alors qu'il est bien plus expérimenté que son adversaire.

Cette incantation marque aussi la convergence idéologique et esthétique entre les sportifs et les musiciens noirs américains de cette époque, tel James Brown, présent à Kinshaha. 

Il s'agit surtout de proclamer une tactique apparemment très rationnelle : face à la force supérieure de son adversaire, Ali prétend opposer sa vitesse de déplacement et sa capacité à esquiver les coups. il cherche à transformer sa faiblesse en force, et tous ses entraînements publics le confirment ostensiblement. Inversement, Foreman va chercher à anticiper les choix de son adversaire en travaillant ses déplacements, sans perdre de sa puissance pour autant.

Or le déroulement du combat va montrer la grande part de bluff dans toutes ces proclamations, et l'efficacité de ces déclarations auprès du public qui accorde son soutien entier à Ali : loin d'éviter les coups, il construit sa victoire en les encaissant et en épuisant Foreman avant  de lui délivrer le coup de grâce, renversant tous les pronostics.