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lundi 26 mai 2014
jeudi 15 mai 2014
Une révolution pour rien ?
14 mai, la révolution numérique revient. Un dossier très proche de celui de 2013. Une iconographie éclairée, Madame de Sévigné remplacée par un plumitif de 1870, mais surtout un texte pseudonyme "argumentatif" au concept d'homophilie inconsistant !
Mais finalement un dossier très abordable, dans la mesure où on distingue une évolution d'une révolution.
Ajoutons un sujet d'essai sous forme de question rhétorique annonçant un plan dialectique.
Une proposition de plan suivra...
Mais finalement un dossier très abordable, dans la mesure où on distingue une évolution d'une révolution.
Ajoutons un sujet d'essai sous forme de question rhétorique annonçant un plan dialectique.
Une proposition de plan suivra...
jeudi 13 juin 2013
la révolution numérique en 20 notions ?
CGE / sessions 2013 & 2014
Paroles, échanges,
conversations et révolution numérique
les mots et les images du BTS
notions
test
/ juin 2013
1 - Web 2. 0
2 - fact-checkers
3 - data journalism
4 - numératie /
littératie
5 - pure player
6 - économie de
l'attention
7 - hacktiviste
8 - infobésité
9 - neutralité de
l'internet
10 - nétiquette
11 - auto-régulation
12 - gouvernance
13 - technophile /
technophobe
14 - troll
15 - wiki
16 – sérendipité
17 – paradigme
18 - hétéronymat
19 - e-réputation
20 – village global
> 10
questions transversales seront posées sur ces 20 notions
+n'oubliez
pas l'essai : « et si la révolution numérique n'était
qu'un slogan ? »
mercredi 27 février 2013
une "panique morale" ? un effort de rationalisation
18 janvier 2013
Les règles de la panique morale technologique
La lecture de la semaine provient
du magazine américain Wired (@wired) et de son chroniqueur Clive Thomson (@pomeranian99).
Son titre, "les règles de la panique".
"Quiconque s'intéresse à
l'actualité le sait, commence Thompson, il y a souvent un effet collatéral aux
nouvelles technologies : la panique morale. Facebook engendre le narcissisme !
Ecrire des textos nous rend analphabètes. Ce qui est drôle, c'est que d'autres
technologies ne provoquent rien de cet ordre. Prenez Square, par exemple, qui
permet à chacun de payer par carte de crédit... Il est en train de devenir un
outil mainstream, bouleverse le fonctionnement du petit commerce et la manière
dont des amis partagent une addition dans un bar, mais ne provoque pas grand
discours. Quelle différence ? Pourquoi certaines technologies nous font-elles
peur et pourquoi d'autres provoquent-elles l'indifférence ?
Genevieve Bell (Wikipédia) pense
avoir la réponse. Elle est directrice de recherche chez Intel et étudie depuis
longtemps la manière dont les gens intègrent les nouvelles technologies dans
leur vie quotidienne. Dans un entretien donné en 2011 au blog techno du Wall
Street Journal, elle a proposé une théorie intéressante. Pour provoquer une
panique morale, une technologie doit obéir à trois règles.
1. Elle doit changer notre
rapport au temps.
2. Elle doit changer notre
rapport à l'espace.
3. Elle doit changer notre
relation aux autres.
Prises une à une, ces
transformations peuvent être inquiétantes, mais
si les trois sont réunies, c'est la
panique !
"Combien de fois avons-nous
entendu dire que c'était la fin de petite ville américaine, que c'était la fin
de la famille, que la jeunesse
d'aujourd'hui avait changé
?" demande Bell. Le cycle est très long. Et il a
sans doute débuté il y a environ 2 500 ans, quand le monde de l'écrit a
commencé à décrocher la connaissance de l'espace et du temps et a offert d'autres possibilités
pour les gens de s'adresser les uns aux autres. Cela satisfaisait aux trois règles précédemment citées et
paniqua donc Socrate, qui s'inquiéta de ce que l'écrit allait détruire la
mémoire et l'art de l'argumentation. Mais Socrate n'avait rien vu. Car
les 100 années qui viennent de s'écouler ont été un flux presque continu
d'innovations et de moments de panique. Prenez le téléphone, qui nous a soudain
permis de joindre presque tout le monde, partout, à n'importe quel moment.
Comme une annonce aux peurs déclenchées par les médias sociaux d'aujourd'hui,
des experts ont prédit à l'époque que le téléphone tuerait la communication en
face à face. Mark Twain se moquait de la prétendue frivolité des conversations
téléphoniques entre femmes (à propos des femmes, précise Thompson , Genevieve
Bell explique qu'on peut-être sûr qu'une panique morale va se déclencher quand
les critiques commencent à s'inquiéter de l'impact d'une technologie sur les
femmes et la fragile jeunesse).
Mais les technologies qui
n'affectaient pas ces trois choses n'ont guère déclenché de protestation. Le
fax par exemple. Il a affecté l'espace et le temps, mais pas les relations
sociales. Et je pense, dit Thompson , qu'il a va de même pour Square. Cela dit, ajoute Thompson, cela
ne revient pas à dire que les paniques sont toujours injustifiées. Des réseaux
sociaux centralisés sont un vrai problème en termes de vie privée ; la
cyberprédation, même rare, existe. Mais le vrai problème de ceux qui répandent
la panique est leur conviction que toute ère technologique révolue était l'âge
d'or de la civilité et de la contemplation. Or, c'est faux. Et de façon très
marrante, beaucoup aujourd'hui chantent les louanges d'outils qu'ils
dénonçaient naguère - comme cette plainte contemporaine que l'internet tue
cette interaction tellement pleine d'émotion qu'était le coup de téléphone.
Voici la part utile de tout ça :
on peut se servir des lois de Bell pour déduire quels outils vont provoquer
l'angoisse. Par exemple, dit Thompson, je fais l'hypothèse que la
géolocalisation, la lecture sociale et l'Internet des objets - des objets qui
vont interagir avec nous et entre eux -, provoqueront tous des effets de
panique. Ils affectent notre rapport au temps, à l'espace et à autrui. Ils
arrivent même à me stresser un peu, quand j'imagine comment gouvernement et
entreprise pourraient en abuser. Mais je me calme en étant convaincu que, comme toutes les Cassandre du
passé, j'ai tort de paniquer."
Xavier de la Porte
une panique morale ? le point de vue des technophiles et des technophobes
Technophilie et
technophobie
Technophiles et technophobes
s’opposent sur relations entre monde réel et monde virtuel au XXI° siècle comme
se déchiraient dans la Byzance du VIII° siècle, iconoclastes et iconodules qui
disputaient du rapport entre le monde divin et de ses représentations imagées.
Les technophiles pensent la
technologie déterminante en dernière instance : sur elle, devront se modeler
mentalités et institutions. C’est une force nécessairement libératrice : les
anciennes limitations que nous imposaient nos capacités physiques, mentales ou
sociales seront dépassées.
Pour ses partisans, la
technique va prolonger les capacités de
nos sens et de nos esprits, nous affranchir de la nécessité. Sur l’air du
“demain on pourra...” : demain on pourra communiquer plus vite, accéder
instantanément à l’objet de son désir, explorer toutes les archives, échapper à
toutes les censures, réunir tous les cerveaux, se dispenser de toutes les
pesanteurs de la matière. Ce projet trouve sa forme dans une société de
l’information technicienne et libertaire à la fois. Face à eux, les
catastrophistes pensent en termes de perte : perte d’humanité au profit de la
raison instrumentale, perte de distance critique au bénéfice de la fascination,
perte d’identité dans un monde de virtualité, perte de la réalité remplacée par
le spectacle, perte de la liberté soumise aux logiques techniques, perte de
l’écrit vaincu par l’écran...
Le technophile, certain d’être
dans le sens de l’histoire, ignore généralement les objections, qu’il attribue
à l’ignorance, ou à une mentalité archaïque. Débordant de bonne volonté
pédagogique, il ne manque pas de faire remarquer à son contradicteur qu’il a
tout loisir de s’exprimer voire de créer des communautés virtuelles de
technophobes cyber-ronchons. Il argue
que le cybermonde accueillera tout, y compris son discours critique Il
croit fermement que tout cohabitera avec tout et que le mouvement d’expansion
se poursuivra. Il conçoit le refus des nouvelles technologies comme une affaire
de goût ou de culture, une tendance relativement négligeable et condamnée à
long terme. L’utopiste, habité d’un esprit volontiers messianique, tente de
faire partager l’enthousiasme que lui inspire toute nouvelle croissance du
réseau ou toute annonce d’une innovation technologique.
Le catastrophiste, lui, raisonne
en termes de lutte et s’imagine en résistant au Système. Il dénonce une
idéologie adverse dont il combat l’inauthenticité. Car, s’il craint la perte de
notre autonomie ou de nos capacités, le catastrophiste en attribue une large
part de responsabilité au discours adverse. Il l’analyse souvent comme un
langage de pouvoir, destiné à dissimuler des rapports de force et d’intérêt
particuliers sous forme d’un projet universel.
Technophobie
Ce mot récent désigne une peur de
la technologie (ici prise non au sens de « l’étude des techniques » mais de
l’ensemble de ces techniques, en particulier les NTIC). Technophobie est
souvent utilisé trivialement pour moquer ceux qui sont incapables de se servir
de leur ordinateur, ou développent des craintes irrationnelles à propos
d’Internet. En fait il y a plusieurs degrés dans cette « aversion ».. L’une se
signale par:l’incapacité ou le choix de ne pas utiliser les NTIC dans sa vie. À
ce stade, il s’agit d’un trait de caractère ou de comportement reflétant la
subjectivité d’un individu qui surfe ou pas sur Internet, préfère ou pas écrire
à la main…
Une seconde forme de technophobie
porte un jugement général sur l’utilité des NTIC, surtout Internet en
particulier ; Certains, par exemple, insistent sur les dangers de la Toile –
risque d’escroquerie, prolifération de la pornographie ou des discours
extrémistes, possibilité de pannes en chaîne, d’espionnage de la vie privée… Ou
encore seraient technophobes – à tort ou à raison – ceux qui se montrent
sceptiques sur toutes les merveilles qu’espèrent les « technophiles »,
confiants en l’avènement de la société de l’information : gains de
productivité, nouvelle économie, disponibilité du savoir, émergence d’une
cyberdémocratie dans le « village global », nouvelles possibilités d’expression
et de culture. Cette technophobie-là relève d’une certaine évaluation des
bienfaits ou de méfaits de développements futurs de la technique et de leurs
conséquences sociales, politiques… La différence entre « pour » et « contre »
porte sur la vraisemblance d’événements auxquels tous deux portent globalement
le même jugement.
Resterait alors à définir une
technophobie « de principe » : celle qui rejette la notion même d’une
progression des techniques. Répondraient à cette définition l’attitude de
certains écologistes qui condamnent comme manifestation d’une avidité inutile
toute action de l’homme pour accroître ses pouvoirs.
D’autres dénoncent dans les
nouvelles technologies non pas un accroissement de nos capacités mais un
asservissement ou une aliénation. Ils s’en prennent au caractère inauthentique
du monde des réseaux : fausse égalité, fausse démocratie, faux savoir, faux
rapport avec les autres, bref fausses promesses
et vraie aliénation. Manifestant par là la nostalgie de ce qu’ils
croient perdre: l’expérience commune de la durée et de ses rythmes, celle du
territoire qui permettait à chacun de se situer entre proche et lointain, celle
de la mémoire partagée, celle de l’identité à l’heure des avatars
cybernétiques, des communautés
virtuelles et des choix de vie changeants…
À certains égards, la querelle
des technophiles et des technophobes rappelle des querelles plus anciennes :
pour ou contre l’image dans les religions monothéistes, pour ou contre le
théâtre au XVIII°siècle (la
querelle du spectacle), pour ou contre
les mass media au XX°…
F. B. Huyghe, 6/12/2012, La
médiologie
mercredi 13 février 2013
synthèse : révolution numérique et panique morale.
apleguelte@aureis.fr
Théme :
Parole, conversation, échanges et révolution numérique
Synthèse (20
points)
Révolution
numérique et panique morale
corpus
–
F.
Joannes, « Quand deux magistrats plaisantent sur Twitter pendant une
audience de cour d'assises », le Monde, 28/11/2012
–
F.
B. Huyghe, « Technophilie et technophobie », sur son blog : La
médiologie, 6/12/2012
–
X.
de La Porte, « Les règles de la panique morale technologique », Internet
actu, 18.01/2013
–
Bastien
Vivès, « La vie numérique dans tous ses états », Télérama,
12/11/ 2012
1. analyser
a priori (sans lire les documents) le corpus proposé
2. établir
un tableau synoptique qui tienne compte de tous les points de vue
3. proposer
un plan (vraiment) détaillé de la synthèse, qui tienne compte de tous les
points de vue et de toutes les sources
4.
rédiger
l'introduction complète
samedi 19 janvier 2013
lundi 7 janvier 2013
déconnexion : pourquoi "nous ne serons plus jamais déconnectés"...
Nous ne serons plus jamais déconnectés…
Par Hubert
Guillaud le 04/09/12
Jenna Wortham (@jennydeluxe)
pour le New York Times a commis un
de ces papiers faciles sur les vertus de la déconnexion à
l’heure d’un monde toujours plus connecté. Alors qu’elle se
rendait à la piscine, elle a été invitée à déposer son
téléphone et a pu profiter pleinement de sa journée, sans avoir à
consulter avec anxiété ses comptes Facebook et Twitter pour
regarder ce que ses amis faisaient. La peur de manquer quelque chose
(Fomo, pour Fear of Missing Out) que
décrivait Caterina Fake, cofondatrice de Flickr, s’évaporait
quelques instants. Notre connexion permanente aux médias sociaux
nous rend plus attentifs à ce que l’on rate et vous donne le faux
sentiment de participer à ce que font les autres par leur
intermédiaire, estime Caterina. Mais ce n’est pas une peur, c’est
un plaisir, lui
répondait l’entrepreneur Anil Dash en évoquant la joie de
manquer quelque chose (Jomo pour Joy of Missing Out).
Si beaucoup de gens se retrouvent dans le
besoin d’être déconnecté de leurs appareils pour mieux se
concentrer sur l’instant présent, nombre d’entre eux décrivent
aussi la difficulté qu’ils éprouvent à résister à l’appel
des médias sociaux, explique
encore Jenna Wortham. Pas tous. Nathan
Jurgenson (@nathanjurgenson),
étudiant en sociologie à l’université du Maryland dénonce sur
The New Inquiry le
fétichisme
IRL.
“L’infiltration en profondeur de l’information
numérique dans nos vies a créé une ferveur autour de la supposée
perte de déconnexion correspondante de la vie réelle. Chaque
moment est sursaturé de potentiel numérique (…). Les pensées,
les idées, les lieux, les photos, les identités, les amitiés, les
souvenirs, la politique et quasiment tout le reste ont trouvé son
chemin vers les médias sociaux. La puissance du social ne repose
pas seulement sur le temps que nous passons sur nos applications, ni
sur les données que les médias à but lucratif collectent, mais
sur la logique que ces sites creusent profondément dans nos
consciences. Les téléphones et les médias sociaux symbiotiques
nous donnent un surplus d’options pour dire la vérité sur ce que
nous sommes et ce que nous faisons et une audience pour tout cela
(…). Twitter est nos lèvres et Instagram nos yeux. Les médias
sociaux font partie de nous-mêmes et le code source de Facebook
devient notre propre code.”
“Comme on pouvait s’y attendre, cette intrusion
a créé un choc en retour. Les critiques se plaignent que les gens,
notamment les plus jeunes, sont sans cesse en train de se connecter
et de se consulter. (…) Au lieu d’être présents à la table du
dîner, ils sont perdus dans leurs téléphones. Auteurs après
auteurs, tous se lamentent de la perte du sentiment de déconnexion,
de l’ennui, de la paix sensorielle à l’âge de la connexion
permanente à l’information, des écrans lumineux omniprésents et
de l’autodocumentation quasi constante.”
Pour Nathan Jurgenson, nous sommes devenus obsédés
par la déconnexion. “Nous n’avons jamais apprécié une
promenade solitaire, un voyage en camping, une conversation en face
à face avec nos amis ou notre ennui mieux que nous ne le faisons
maintenant. Rien n’a plus contribué a notre appréciation
collective de la déconnexion que les technologies de la connexion.
La facilité de la distraction numérique nous a fait apprécier la
solitude avec une nouvelle intensité. Nous savourons beaucoup plus
le face à face avec un groupe d’amis ou en famille dans un moment
et un temps donné grâce à la sociabilité numérique qui
réarrangent d’une manière si fluide les règles du temps et de
l’espace. Nous n’avons jamais autant chéri la solitude, la
valeur de l’introspection et la déconnexion à l’information
que nous ne le faisons maintenant. (…) L’obsession actuelle pour
l’analogique, le vintage, le rétro a tout a voir avec cette
fétichisation de la déconnexion.”
“Notre immense autosatisfaction pour la déconnexion est nouvelle. Comme nous sommes fiers de nous-mêmes de lutter contre l’étendue qu’ont pris les technologies mobiles et sociales. Notre nouvel hobby est de nous taper dans le dos pour montrer que nous pouvons nous passer de Facebook. Les gens se vantent de ne pas avoir de profil. (…). Comment en sommes-nous arrivés à faire l’erreur de faire collectivement le deuil de la perte de ce qui prolifère ?”
“La raison est que nous avons appris à tort que
ne pas être en ligne signifie être déconnecté. Autrement dit,
la déconnexion avec nos téléphones et médias sociaux n’est pas
une déconnexion du tout. La logique des médias sociaux nous suit
longtemps après nous être déconnectés. (…)
Autrement dit, nous vivons dans une réalité
augmentée qui existe à l’intersection de la matérialité et de
l’information, de la physicalité et du numérique, du vivant et
de la technologie, des atomes et des bits, de l’offline et du
online. Il est faux de dire que IRL signifie hors ligne : Facebook
est le monde réel ! Les photos postées, les opinions exprimées,
les check-in qui remplissent nos flux d’information sont ancrés
dans ce qu’il se passe quand nous sommes déconnectés. Le web a
tout à voir avec la réalité. Il est composé de vraies personnes
et de vrais corps, leurs histoires, leurs opinons.”
“Ceux qui pleurent la perte de la déconnexion
sont aveugles à son importance online. Quand Sherry Turkle se
promenait à Cape Cod, elle respirait l’air, sentait la brise et
regardait les vagues avec Facebook en tête. L’appréciation de ce
moment de déconnexion était, en partie, un produit de la
connexion. (…) La distinction claire entre la connexion et la
déconnexion, entre l’humain et la technologie, est dévoyée
au-delà de ce qui est tenable. Ce n’est pas réel tant que ce
n’est pas sur Google ! Nous ne sommes pas amis tant que nous ne
sommes pas amis sur Facebook. Nous avons besoin de comprendre de
plus en plus nos vies via la logique de la connexion numérique. Les
médias sociaux sont plus que quelque chose auquel vous vous
connectez : c’est quelque chose que nous portons en nous. Nous ne
pouvons pas fermer la session.”
Matt Richtel (@mrichtel)
pour le New York Times signait lui aussi cet été un
article sur notre dépendance technologique, en montrant combien
cette préoccupation était prise au sérieux par bien des
entrepreneurs de la Silicon Valley, qui ont recours à des coachs
pour se faire aider à déconnecter…
C’est
Alexis Madrigal de The
Atlantic
qui répond (@alexismadrigal)
: “ Ce type d’articles devrait aussi admettre que notre
toxicomanie aux gadgets nécessite de reconnaître le rôle de la
“grande accélération” (the Great Speedup) du travail
qui attache les gens à leurs appareils.” Et de faire référence
à un
article de Mother
Jones signé Monika Bauerlein et Clara Jeffery qui évoque
la grande accélération de la productivité qui conduit chacun
d’entre nous à travailler toujours plus.
Si nous passons autant d’heures devant nos
écrans, rappelle Madrigal, c’est peut-être parce que nous ne
voyons pas le point clé de notre relation aux technologies
modernes. La classe moyenne supérieure travaille plus d’heures et
reste plus connectée à son travail qu’elle ne l’a jamais été.
“Il s’agit d’un problème avec la façon dont nous abordons
le travail, et non pas un problème lié à nos appareils.”
Nos appareils nous ont juste permis de faire travailler les salariés
24h sur 24, 7j. sur 7. “Lorsque Richtel accuse nos gadgets, il
canalise l’anxiété et la colère que les gens ressentent quant à
leur travail” et qui s’expriment à l’encontre de nos
objets technologiques. “Une grande partie de notre connexion
compulsive (dans la mesure où elle existe) est un symptôme d’un
problème plus important, pas le problème lui-même.”
déconnexion : l'école du cynisme ?
Pas
d'ordi à l'école pour les enfants des cadres de Google ou d'eBay
28.02.2012,
Quentin Duverger
Le directeur
technique d'eBay partage un point commun avec plusieurs cadres
supérieurs de sociétés de pointe de la Silicon Valley comme
Google, Apple, Yahoo et Hewlett-Packard : ils envoient leurs enfants
dans une école... sans ordinateurs.
La Waldorf
School of the Peninsula est l'une des 160 écoles Waldorf des
Etats-Unis, dont 40 en Californie, pourtant un bastion des
nouvelles technologies. La pédagogie
de cet établissement repose avant tout sur l'éducation
physique et le travail manuel. Il n'y a pas d'écran en
classe : seulement du papier, des stylos, des aiguilles à
tricoter, parfois de la terre glaise. De bons vieux
tableaux noirs, des pupitres en bois et des encyclopédies
sur des étagères contribuent à l'ambiance rétro.
Les
partisans de la pédagogie Waldorf estiment que
les ordinateurs inhibent la créativité, le
mouvement, les interactions sociales et la
capacité d'attention. Les trois quarts des parents d'élèves
travaillent dans des firmes high-tech et sont surconnectés,
mais ils n'y voient pas de contradiction avec ce choix
d'éducation pour leurs enfants.
Alan Eagle,
ingénieur chez Google et dont les deux enfants vont à l'école
Waldorf, estime qu'il y a un temps pour tout, y compris pour la
technologie. Pourquoi se presser ? Apprendre à
se servir d'un ordinateur, « c'est super-facile,
affirme-t-il. C'est comme apprendre à se servir du
dentifrice. A Google et dans toutes ces boîtes, nous
rendons la technologie aussi facile à utiliser
qu'il nous est possible. Il n'y a pas de raison que les
enfants n'y arrivent pas quand ils seront plus âgés. »
Cette
éducation « déconnectée », à l'ancienne, n'est
pourtant pas donnée. Il faut en effet compter 17.750
dollars (13.200 euros) par an de la maternelle au collège,
et 24.400 dollars (18.150 euros) par année de lycée. Thierry
Klein, président de Speechi (société qui développe des
logiciels de formation en ligne), analyse sur son
blog les raisons qui poussent ces parents high-tech à dépenser
une petite fortune pour priver leurs enfants des gadgets
modernes :
«
Il y a bien sûr la conviction, étayée maintenant
par de nombreuses études, que la technologie
n'améliore pas, ou pas beaucoup, le niveau des élèves. Mais
le facteur clé [...] est la conviction qu'ont les parents
que [la technologie] divertit les élèves, les
détourne du savoir. Celui qui va sur Internet [...] a toutes les
chances de se retrouver à faire autre chose que de la recherche
(lire la bourse, les résultats sportifs, chatter sur
MSN...). Les concepteurs des machines que sont Google, l'iPad ou
encore eBay sont parfaitement conscients du phénomène d'addiction
qu'ils créent et veulent en préserver leurs enfants. C'est d'un
cynisme génial. »
déconnexion : "je me débranche"
Thierry
Crouzet
Auteur expert de rien
31 mars 2011
/ 66 commentaires
C’est le
dernier billet que je publie pour les neuf mois qui arrivent. Je me
débranche après propulsion. Mon expérience de déconnexion
commence maintenant. Vous me retrouverez en terrasse de café ou vous
attendrez janvier 2012 et la publication chez Fayard du récit de
cette aventure.
Qu’est-ce
que cela implique ?
Je coupe
les commentaires sur le blog, pour ne pas crouler sous les spams et
ne pas laisser les trolls se gaver allègrement.
Je
laisse active la détection des retweets.
Je mets
mon mail sur répondeur. Si vous m’écrivez, vous recevrez un
message vous expliquant comment me contacter de manière ancestrale.
Je
bloque la connexion Internet sur mes ordinateurs et mon téléphone,
mais elle restera à la portée de la main. Je serai comme un
alcoolique qui à tout moment peut replonger.
Pour
m’informer, je ne disposerai plus que du bouche-à-oreille et des
vieux médias. N’hésitez pas à m’écrire ou à me téléphoner
pour me donner des nouvelles du vrai monde.
Si vous
vous ennuyez de moi, vous avez de quoi vous occuper pendant les mois
qui arrivent. J’ai créé un ePub qui rassemble l’intégralité
de mon blog. L’équivalent d’un gros tome de la Pléiade. J’ai
publié en prime l’ébauche de ma brève histoire de
l’informatique. Je modifie le look du blog pour mettre en avant mes
livres et non pas les derniers billets.
J’ai installé un serveur ThinkUp pour suivre a
posteriori les conversations à mon sujet sur les réseaux sociaux.
En toute probabilité il ne se passera rien, mais je n’arrive à
débrancher franco. À partir d’un Search Twitter, j’ai créé
un Yahoo Pipe que j’ai donné à manger à mon Google Reader en vue
d’archivage. Ce fil RSS sera republié sur mon compte Facebook en
automatique par twitterfeed.com. Je serai présent sur le Net sans y
être. Mon identité numérique dépassera mon identité physique.
Je vais devenir un fantôme.
J’ai
aussi configuré spotd.me pour qu’il retwitte automatiquement les
messages qui me seront adressés sur Twitter. Vous pourrez ainsi
parler à mes 7 000 followers. Je mets en quelque sorte mon compte à
votre disposition. Ne le spammez pas.
Maintenant,
je m’en vais vite m’installer au soleil sur la terrasse. J’ai
des amis qui viennent fêter la déconnexion. Je vais essayer de ne
pas trop penser à la bêtise que je suis en train de faire.
Vous aurez
peut-être une chance de me croiser dans les mois qui arrivent à
Tunis, à Genève, dans les Pyrénées, le Lot-et-Garonne ou en
Bretagne, et qui sait à Paris. Et partout où on me proposera de
venir. Je ne renie pas la connexion. Je vais la transposer du Net au
physique, et ne comptez pas sur moi pour dire que je regagne la
réalité, la réalité est tout autant sur le Net qu’en dehors.
C’est ce paradoxe que je veux creuser.
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